Les gars qui traînent au bas de ma tour
ont quelques fois la poudre au nez
la pupille floue, le souffle lourd
Et la gitane bien gonflée.
Gonflée de ces feuilles du soleil
que l’on achète, que l’on savoure
et qui font rêver en éveil
Dans un espace de velours.
Les gars qui traînent au bas de ma tour
ont quelques fois la mousse au nez
la bouteille pleine de discours
Et la pupille tamisée.
Et quand les feuilles, et quand la bière
n’ont plus leur effet d’abat-jour
ils quittent le hall de lumière
Les gars de ma tour.
Les gars qui parlent au bas de ma tour
ont quelques fois l’esprit léger
la pupille fine, le rire lourd
Pour des histoires bien gonflées.
Gonflées de ces mots, ces mensonges
que l’on récolte aux alentours,
que l’on répète, qui s’allongent
Et qui plaisent tant aux vautours.
Les gars qui parlent au bas de ma tour
ont quelques fois l’esprit vulgaire
l’insulte aiguisée en retour
Aux regards mous des locataires.
Et quand la haine et quand les rires
n’ont plus leur effet de faux jour
ils quittent le hall des soupirs
Les gars de ma tour.
Les gars qui rêvent au bas de ma tour
ont quelques fois des nouveau-nés
des bébés tendres et pleins d’amour
qui leur donnent un peu à penser,
penser aux autres, à l’avenir
cesser de survivre à rebours
lever la tête pour se dire
que c’est le dernier demi-tour.
Qu’il est temps de quitter la tour,
pour quelque mer, mais quelque part
changer la trame quelques jours
Mettre le temps en retard.
Et quand le rêve, quand le voyage
n’ont plus l’effet de demi-jour
ils quittent le hall sans bagage
Les gars de ma tour.
Paroles : Didier Pétrix
Plus d'info sur http://www.didierpetrix.com
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